Sibylle Duboc, gisements pétroliers d’Oman, installation de six photographies argentiques, 2025.






Cette série photographique montre les gisements pétroliers d’Oman, dans la péninsule Arabique. On y voit les puits d’extraction, les pipelines qui transportent le pétrole brut et les raffineries qui le transforment en produits exploitables tels que l’essence ou le bitume. Vaste réseau labyrinthique d’acier, ce complexe industriel contraste avec l’immensité du paysage désertique d’Oman. Ces infrastructures sont installées loin des grandes métropoles, pourtant grandes consommatrices des millions de barils produits chaque jour. Ainsi, ces sites échappent à notre regard et, par extension, à notre compréhension.
Photographier ces exploitations est formellement interdit. Les zones, appartenant aux grands industriels du pétrole, sont surveillées par des bases militaires, et les images de cette série ont été prises en secret des autorités locales. Puisque le système économique global repose sur ces champs pétroliers, leur arrêt brutal entraînerait une crise économique mondiale majeure. Pourtant, les réserves de ces pays ne tiennent qu’à une poignée d’années (15 ans de réserves prouvées de pétroles en Oman en 2017). Ce modèle, condamné d’avance, car dépendant d’une ressource non-renouvelable, nous rappelle à quel point la sortie du capitalisme est nécessaire à la survie de notre civilisation moderne.

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